Antoine Karam

La réussite pour tous

La croissance exceptionnelle de la population guyanaise pose un défi considérable en matière d’éducation et de formation. La Région Guyane a décidé de relever ce défi, qui constitue également une chance pour l’avenir du territoire. L’accompagnement des lycéens tout au long de leurs études fait partie des missions mais aussi des priorités de la Région. Notre objectif : promouvoir l’égalité des chances et faciliter la réussite de tous afin d’offrir à chacun un emploi pour demain.

Construction de nouveaux lycées, rénovation et équipement des établissements existants, soutien aux familles, partenariats avec les acteurs régionaux de l’éducation pour élargir l’horizon des jeunes… sont autant d’initiatives que la Région poursuit depuis plusieurs années. Pour être à la hauteur de ses engagements, la Région a choisi de consacrer un tiers de son budget annuel à l’éducation et à la formation, soit plus de 50 millions d’euros.

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L’enracinement de la Collectivité régionale dans le développement du cyclisme

C’est un évènement majeur qui a clairement gagné sa place dans le calendrier sportif de l’année. En 20 ans, le Tour a changé de physionomie. Au gré des changements de notre société. Il a gagné en ampleur et en qualité. D’abord circonscrit au littoral, le Tour s’est progressivement invité dans toutes les communes de Guyane accessibles par la route. Saint-Georges de l’Oyapock est sa dernière conquête. Le Tour emprunte depuis quelques années la longue portion de route réalisé par la Région à partir de Régina. Les coureurs invités, les cyclistes et le public guyanais en ont fait le lieu d’un spectacle exaltant où les prises de performance et le suspens sont à chaque fois la règle. Avec la mise en service prochaine de la route du fleuve voulue par la Région entre Saint-Laurent du Maroni et Apatou, permettra l’ouverture du Tour vers l’ouest guyanais et promet de rehausser encore plus l’intensité pour cette grande compétition.

Si l’édition 2009 marque les 20 ans du Tour, elle a également pour nous une valeur particulière puisque pour la 10ème année consécutive la Région sponsorise le maillot jaune de leader. Cette nouvelle édition consacre ainsi l’enracinement de la Collectivité dans le développement du cyclisme dans notre pays et consolide notre partenariat avec le comité de cyclisme de la Guyane pour les dix prochaines années à venir par la signature d’une nouvelle convention. A bien en juger, ce partenariat fort et renouvelé restera dans l’histoire du Tour le vecteur qui a permis de le faire passer pratiquement du domaine privé au domaine public. Aujourd’hui, le Tour est une manifestation populaire qui fait partie du patrimoine collectif de la Guyane.

Rendez-vous sportif incontournable qui a su s’adapter aux changements de notre temps, le tour est un bon indice du développement que notre société a engrangé ces dernières années. On est loin des moyens rudimentaires des premiers moments. Les vieilles chambres à air ont été remplacées par des boyaux et des roues anticulaires. Les vélos forgés en acier ont laissé la place à des matériaux plus légers comme la fibre de carbone. Les casques conçus simplement pour protéger se sont de la même façon transformés en casques profilés. L’intérêt n’étant plus seulement de participer mais de gagner. Les oreillettes et l’informatique se sont immiscées dans la course. Basées sur le même modèle, les techniques de course se sont elles-mêmes perfectionnées. Le Tour de Guyane a vécu. Il est bien le miroir d’une société qui s’applique à maîtriser et à tirer partie des mutations et du progrès des temps modernes par le financement par la Région Guyane de la photo finish en 2008.

Je suis certain que cette 20ème édition sera riche en performance et que les supporters sauront apprécier à leur juste valeur les efforts de l’ensemble des cyclistes, des bénévoles. Bon tour à tous.
Vive le cyclisme. Vive la Guyane.

Voeux 2008

Continuons à étendre les solidarités et construire notre pays.

A ceux qui en 2007 ont connu des moments difficiles, va d’abord ma sollicitude. Je tiens à vous rendre hommage. Je connais le courage dont vous faites preuve dans la vie de tous les jours.

Je vous invite à ne pas baisser les bras, à tenir bon, à continuer à croire en votre avenir et celui de la Guyane. Notre pays est parti de très loin. Il est aujourd’hui sur la voie du progrès. Cette évolution est irréversible.

J’invite donc tous ceux à qui la Guyane donne plus, à la soutenir de toute leur force.

Pour qu’ensemble nous continuons à étendre les solidarités et à construire dans l’amour de notre pays, la fierté, la dignité, la Guyane en 2008.

Faisons preuve d’audace

Les besoins en financement de la Guyane, sont estimés à 2, 3 milliards d’euros nécessaires pour sa mise à niveau et pour permettre à la Guyane de disposer d’un standard minimum de développement. Les moyens proposés par l’Etat au titre du Contrat de Projets Etat/Région (CPER), par l’Union européenne au titre des Programmes Opérationnels (PO), par les collectivités ou institutions guyanaises font apparaître une estimation globale, très insuffisante pour combler le déficit structurel de la Guyane en équipement et satisfaire les besoins élémentaires de la population guyanaise.

 

La persistance de cet écart conduit à une dégradation des indicateurs économiques et sociaux, dont le PIB décroît 8.2 % depuis 1995, en raison des contraintes liées notamment à une évolution démographique galopante de 4% par an, la plus forte d’Europe.

 

Les élus régionaux m’ont donné à l’unanimité mandat pour négocier avec l’Etat la programmation d’un Plan Exceptionnel d’Investissement (P.E.I) et la relance du débat statutaire.
Par ailleurs, des contrats spécifiques concernant les routes et les lycées sont négociés dans un cadre bilatéral avec les ministères intéressés.

 

Les discussions engagées sur l’ensemble de ces programmations avec l’Etat (CPER) et l’Europe (PO) devraient conduire à leur mise en œuvre dans le courant du deuxième semestre 2007, contribuant ainsi à une relance de l’activité et la pleine mesure de leurs effets dés 2008.

 

La stratégie de Lisbonne oblige la Guyane à concentrer dans le cadre du Programme Opérationnel, pour la période 2007-2013, près de 65 % des fonds structurels à l’accessibilité des objectifs du e-marking. Elle est la réponse donnée par l’Union au phénomène de la mondialisation.

 

La collectivité s’est clairement positionnée, dans le cadre de ses compétences en matière d’aménagement du territoire, sur des actions innovatrices relevant du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER). Nos efforts ont dans cette logique débouché sur la définition d’un Programme Régional d’Actions Innovatrices dénommé « Communautés Guyanaises en réseau ».

 

Utile pour combler les disparités propres au territoire guyanais, la politique d’innovation de la Région est également faite pour permettre à notre pays, réuni grâce à l’économie de l’immatériel en une même communauté de vie, de sortir de son isolement relatif et de tirer partie de la mondialisation – dont on sait désormais qu’elle avantage grandement les pays du Sud – en tentant d’intégrer des zones commerciales au poids géopolitique significatif.

 

On pense ici aux possibilités d’échanges offertes par un ensemble comme le CARICOM. Mais pourquoi ne pas songer également à un réel ancrage de la Guyane dans l’environnement qui l’englobe et au coup d’accélérateur que pourrait représenter la fréquentation d’un marché comme celui du MERCOSUR ?

 

Pour ceux qui seraient tentés de penser que nous n’avons pas les moyens d’une telle politique, j’aurai un seul mot : Faisons preuve d’audace face au développement de l’économie de l’immatériel qui se joue des frontières et des limites administratives !

 

On ne peut donc soutenir en toute équité que la stratégie de Lisbonne est foncièrement contraignante pour la gouvernance territoriale. Elle peut même s’avérer opérationnelle lorsque comme dans le cas des Technologies de l’Information et de la Communication, elle trouve au niveau régional un cadre et des instruments de gouvernance pertinente pour sa mise en œuvre ou sa déclinaison, avec pour une collectivité comme la Région la responsabilité de définir sa propre politique, en fonction de notre point de départ et des besoins spécifiques auxquels la Guyane doit faire face.

 

En revanche, quand l’ensemble de ces conditions ne sont pas réunies, comme c’est le cas pour la croissance et l’emploi, la stratégie de Lisbonne fonctionne comme une source de contraintes opposable à la collectivité, à qui il est demandé de concentrer ses forces et les fonds alloués par l’Union sur des domaines macro-économiques qui relèvent totalement de la compétence de l’Etat-membre et pour lesquels aucune articulation n’a été mise en place entre le plan national et le plan régional.

 

Outre le fait qu’elle rend la Région responsable de politiques dont elle n’a pas en réalité la maîtrise, l’affirmation d’une approche stratégique européenne oblige notre collectivité à recourir sur la période 2007-2013 à des moyens alternatifs pour financer des dépenses dans des domaines d’intervention décentralisés qui lui incombent habituellement.

 

La Région a dans cette logique adopté en Assemblée plénière le principe de la construction d’ici 2010 de trois nouveaux lycées d’enseignement à Saint-Laurent du Maroni, à Mana et à Rémire-Montjoly, par le recours à des baux emphytéotiques administratifs. Cette procédure financière permet de suppléer à l’insuffisance des appuis institutionnels et de former un partenariat public-privé. Elle rend possible l’édification d’infrastructures de base, assorties aux besoins de notre pays.

 

N’étant pas de nature à éteindre la capacité d’investissement de la Collectivité, il s’agit d’un risque mesuré, qui n’est pas sans rapport avec le mode de répartition des dépenses imposé par la stratégie de Lisbonne, que ma qualité d’exécutif régional m’a conduit à prendre, pour faire face à la croissance démographique de notre pays et au gonflement permanent des effectifs scolaires.

 

Il est clair que dans ces domaines nous ne pouvons pas simplement inscrire nos efforts dans le cadre global préconisé par le Conseil européen, n’ayant pas à traiter les mêmes problèmes humains que la plupart des régions européennes qui connaissent contrairement à la Guyane un vieillissement de leur population.

 

La plupart de ces régions n’ont pas à faire face non plus aux retards structurels permanents qui sont les nôtres. Il semble donc bien que nous n’ayons pas d’autre choix que de retenir pour la Guyane une approche multimodale de l’intervention publique. Afin d’y renforcer l’indice de développement humain, au moment où les enjeux d’innovation et de compétitivité attachés à la mondialisation rappellent plus que jamais que la première richesse d’un pays sont les hommes et les femmes qui le constituent.