Asile et immigration : garantir en Guyane le droit d’asile des personnes en besoin de protection manifeste

Ce mardi 28 janvier, j’ai pris part à la réunion organisée à l’initiative de l’Association des musulmans de Guyane en partenariat avec la ville de Cayenne sur la situation actuelle des demandeurs d’asile venus du Proche Orient. 

Effectivement, la Guyane enregistre depuis plusieurs mois une recrudescence des demandes d’asile de personnes originaire de Syrie et de Palestine. Il y a quelques jours seulement, ce sont près de 70 hommes, femmes et enfants d’origine syrienne qui se sont installés dans le dénuement le plus total sur la place Auguste Horth de Cayenne. En cours de procédure, ces familles qui bénéficieront selon toute vraisemblance du statut de réfugié politique subissent directement les conditions d’accueil délétères réservées aux demandeurs d’asile à Cayenne.

En réaction et dans le prolongement des débats relatifs à la loi asile et immigration votée en 2018, j’ai souhaité alerter le Ministre de l’Intérieur sur la situation actuelle en Guyane.

Si la procédure adaptée d’examen des demandes doit permettre de traiter plus rapidement les demandes illégitimes, elle ne doit en aucun cas altérer l’exercice du droit d’asile des personnes en besoin de protection réelle.

Aussi, ai-je demandé à Christophe CASTANER de me communiquer les résultats constatés de l’expérimentation en cours sur le traitement de la demande d’asile injustifiée. Enfin et surtout, je demande au gouvernement les mesures envisagées pour préserver et garantir, en Guyane, l’accueil et le droit d’asile des demandeurs en besoin manifeste de protection, notamment en ce qui concerne les conditions d’hébergement

Courrier_Christophe Castaner- conditions d'accueil des demandeurs d'asile

Asile, immigration et intégration : mieux prendre en considération la situation migratoire de la Guyane

Mardi 26 juin, le Sénat a adopté le projet de loi pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie. J’ai voté contre ce texte considérablement durci par la droite sénatoriale et qui porte atteinte à des principes fondamentaux du droit d’asile.

Considérant que les outre-mer était insuffisamment traités dans ce projet de loi, j’ai insisté dans les débats sur la nécessité de mieux prendre en considération, à travers des mesures spécifiques, les pressions migratoires extraordinaires qui s’exercent depuis de nombreuses années en Guyane et à Mayotte poussant le système d’accueil et d’intégration au bord de l’asphyxie.

Asile et immigration en Guyane : un droit à la différenciation pour accélérer les délais de traitement et baisser l’attractivité du territoire pour les demandeurs d’asile illégitimes

C’est pourquoi, j’ai appelé l’attention du gouvernement et de la Haute Assemblée sur un état de fait : le droit d’asile est aujourd’hui dévoyé en Guyane au seul bénéfice des filières d’immigration clandestine qui prospèrent au détriment de femmes et d’hommes attirés par l’espoir d’une vie meilleure.

Je défends un droit à la différenciation pour apporter une solution efficace en Guyane. Il soutient l’accélération des délais de traitement prévue aussi bien par ce projet de loi que par le « décret Guyane » tout en insistant sur la nécessité d’aller plus loin sur le front du revenu de solidarité active (RSA) notamment avec le conditionnement de l’accès à 15 ans de résidence sur le territoire et la démonétisation ; mais aussi en matière de coopération sanitaire avec les pays voisins.

Pour autant, alors même que les délais d’instruction se voient accélérés et que l’actuel manque de solution d’hébergement génère une prolifération de l’habitat informel, Antoine KARAM a insisté sur la nécessité de garantir un accueil digne et humain aux demandeurs d’asile en Guyane avec de meilleures conditions d’hébergement et d’interprétariat.

Adoption de 2 amendements visant à mieux prendre en compte les situations migratoires des outre-mer

Dans le débat, j’ai obtenu l’adoption de deux amendements qui seront, je l’espère, préservés dans la suite du débat parlementaire.

Le premier vise à inclure, pour une information exhaustive, les chiffres de l’outre-mer, spécialement de Mayotte et la Guyane, dans le rapport annuel sur les politiques d’asile et d’immigration. Le second prévoit que des élus ultramarins soient associés aux travaux du conseil d’administration de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) qui gère notamment l’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés.