Académie de Guyane : engager une évolution structurelle plus favorable à la stabilité du Rectorat

J’ai adressé un nouveau courrier à Mme Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour demander une évolution structurelle de l’Académie Guyane plus favorable à sa stabilité.

Retrouvez, le courrier que je lui ai adressé.

Cayenne, le 11 janvier 2017

Madame la Ministre,

Suite à la démission de M. Youssoufi TOURE du poste de Recteur de l’Académie de Guyane, je vous ai fait part, par courrier en date du 4 janvier 2017, de mes inquiétudes quant au turnover important qui touche ce poste stratégique.

Vous le savez, depuis sa création, la gouvernance de l’académie suscite de nombreuses interrogations aussi bien au sein du corps enseignant que des parents d’élèves. Neuf recteurs se sont en effet succédés au cours de ses 20 années d’existence, soit un changement tous les 27 mois en moyenne.

Je tiens a rappeler qu’à l’instar des trois autres académies mono-départementales d’outre-mer, la Guyane ne dispose d’aucun poste consacré à la fonction de Directeur académique des services de l’éducation nationale (DA-SEN). Seul un directeur académique adjoint des services de l’éducation nationale (DAA-SEN) assiste le Recteur, assumant de fait les rôles de DA-SEN et de Chancelier des Universités.

Pourtant, la situation de la Guyane avec d’une part, une géographie atypique et une croissance démographie exceptionnelle, et d’autre part, la mise en place de la nouvelle Université de Guyane, appelle une évolution structurelle plus favorable à la stabilité de l’académie.

Faisant lui-même ce constat, Jean-Yves DANIEL, alors doyen de l’inspection générale de l’Éducation nationale (Igen), avait préconisé en 2015 d’engager une réflexion plus aboutie sur la gouvernance et le schéma organisationnel de cette académie. Dans cet esprit, il proposait de faire évoluer l’Académie de Guyane sur le modèle de celles de l’hexagone. Placé sous l’autorité du Recteur, Chancelier des Universités, un véritable DA-SEN pourrait ainsi mettre en œuvre la stratégie académique organisant l’action éducatrice dans les écoles, les collèges et les lycées du territoire. Dans le prolongement de son action, un DAA-SEN pourrait quant à lui concentrer son action sur la zone de Saint-Laurent-du-Maroni qui, faut-il le rappeler, devrait compter 135 000 habitants d’ici 2030.

Madame la Ministre, je suis convaincu qu’une telle évolution, intégrant des fonctionnaires d’expérience disposant d’une bonne connaissance du contexte local, serait de nature à stabiliser et pérenniser l’action académique.

Aussi, je vous prie de porter une attention particulière à cette proposition qui poursuit un objectif commun, celui de tourner l’institution scolaire vers le progrès, toujours au service de nos enfants et de leur épanouissement.

Sachant pouvoir compter sur votre engagement, je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma plus haute considération.

Antoine KARAM

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